Film · 1952 Protégé · 2065
Hurlements en faveur de Sade
Un film sans aucune image : écran blanc quand des voix parlent, écran noir quand elles se taisent — et vingt-quatre minutes de noir silencieux pour finir.
Ce qu'on sait
- Le scénario paraît d'abord dans l'unique numéro d'Ion (avril 1952), précédé des « Prolégomènes à tout cinéma futur » : c'est le premier texte publié de Debord, et cette première version comportait des images ; le film réalisé en juin 1952 n'en a plus aucune. source
- Le film ne comporte aucune image : écran blanc pendant que des voix inexpressives énoncent des phrases prises au Code civil, à des romans et à des coupures de presse ; écran noir et silence entre elles, la dernière séquence noire durant vingt-quatre minutes. source
- Les paroles occupent environ vingt minutes dispersées dans une heure ; le reste est noir et muet. source
- La première présentation, le 30 juin 1952 au ciné-club d'avant-garde du Musée de l'Homme, tourne à la bagarre générale et la séance est interrompue par les dirigeants du ciné-club ; le film n'est projeté en entier que le 13 octobre 1952, au Ciné-club du Quartier latin. source
- Les fiches techniques de Contre le cinéma (1964) ne mentionnent pour ce film ni producteur ni équipe technique, seulement qu'il a été « réalisé en juin 1952 » ; film-documentaire.fr attribue la production aux « Films Lettristes ». source
- Le film a été présenté au Royaume-Uni en 1957, à l'Institute of Contemporary Arts de Londres. source
Ce qui reste incertain. Durée : 64 min (Wikipédia FR, Cinémathèque, film-documentaire, DVD 2005 : 1 h 04) ; Wikipedia EN dit 80 min et la filmographie de bopsecrets.org 75 min. Production : « Films Lettristes » (film-documentaire.fr) ; la médiathèque d'Arles porte « Simar Films » sur sa notice, qui décrit l'édition DVD (Simar Films est l'ayant droit des films de 1973-1978, pas le producteur de 1952). La formule « Il n'y a pas de film. Le cinéma est mort. » n'a été lue que dans un résumé de moteur de recherche, sur aucune page consultée : non retenue. Yan Ciret cite des Prolégomènes « Enfin, je parviens à la mort du cinéma » — c'est le texte d'Ion, pas le film. Le titre aurait été suggéré par Isou (Wikipédia FR, article Guy Debord).
La revue le nomme
…nce. Durant l'expérience lettriste, en 1952, on avait introduit au cinéma (dans le film « Hurlements en faveur de Sade ») une séquence noire de 24 minutes, sans bande sonore. La récente peinture monochrome de…
L’absence et ses habilleurs La revue, no 2 · décembre 1958