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Qui était

Guy Debord

19311994

Guy Debord (1931–1994) est un écrivain, théoricien et cinéaste français, l’un des fondateurs de l’Internationale lettriste puis de l’Internationale situationniste, et l’auteur de La Société du spectacle (1967).

Naissance
28 décembre 1931, Paris (XXe)
Mort
30 novembre 1994, Champot, Bellevue-la-Montagne (Haute-Loire)
Groupes
Internationale lettriste (1952–1957), Internationale situationniste (1957–1972)
Le livre
La Société du spectacle, 1967

Cette page n’est pas le site officiel de l’auteur ni de sa succession : c’est celle d’un site de lecture, et chaque fait y porte sa source.

Le plan de la vie : huit moments, de 1931 à 1994, reliés par des flèchesIIIIIIIVVVIVIIVIII
  1. I Avant le groupe 1931–1951
  2. II L’Internationale lettriste 1952–1956
  3. III La fondation 1957–1959
  4. IV La revue 1958–1969
  5. V Le livre 1967
  6. VI Strasbourg, puis Mai 1966–1968
  7. VII La dissolution, Champ Libre, Lebovici 1969–1985
  8. VIII Les dernières années 1988–1994

Sa vie

Huit moments, 58 dates

Chaque date vient de la chronologie, avec sa source.

1931–1951

I 1931–1951

Avant le groupe

Guy-Ernest Debord naît à Paris, dans le XXe arrondissement, le 28 décembre 1931 ; il est le seul enfant du couple. Son père, tuberculeux, meurt en 1936, et c’est surtout sa grand-mère qui l’élève. La guerre fait passer la famille par Nice, Fontainebleau et Pau, puis elle s’installe à Cannes, où il passe son baccalauréat en juin 1951. Cette année-là, au festival de Cannes, le scandale du Traité de bave et d’éternité d’Isidore Isou le pousse vers les lettristes.

Au-delà de la chronologie : Wikipédia FR, « Guy Debord » · BnF, notice d’autorité « Debord, Guy (1931-1994) ».

1952–1956

II 1952–1956

L’Internationale lettriste

Son premier film, Hurlements en faveur de Sade, n’a pas d’images : l’écran est blanc quand une voix parle, noir quand elle se tait. À l’automne 1952, l’irruption de Debord et de ses amis à la conférence de presse de Chaplin consomme la rupture avec Isou ; avec Gil J Wolman, Debord forme l’Internationale lettriste. Le groupe tient en quelques personnes, arpente Paris et en rapporte deux mots qui resteront, psychogéographie et dérive. En 1953, Debord écrit à la craie sur un mur de la rue de Seine « Ne travaillez jamais ». Il épouse en 1954 Michèle Bernstein, du groupe. Potlatch, le bulletin, n’est jamais vendu, et Les Lèvres nues publient trois textes de lui, dont un avec Wolman.

Au-delà de la chronologie : Wikipédia FR, « Guy Debord » · Wikipédia EN, « Guy Debord » · Wikipédia FR, « Michèle Bernstein ».

1957–1959

III 1957–1959

La fondation

En juin 1957 paraît le Rapport sur la construction des situations, vingt pages tirées à mille exemplaires et jamais mises en vente. Il prépare la conférence du mois suivant : à Cosio d’Arroscia, en Ligurie, l’Internationale lettriste, le Mouvement international pour un Bauhaus imaginiste d’Asger Jorn et le Comité psychogéographique de Londres s’unissent en Internationale situationniste. Avec Jorn, Debord compose deux livres faits d’éléments détournés, Fin de Copenhague et Mémoires.

1958–1969

IV 1958–1969

La revue

Douze numéros paraissent, de juin 1958 à septembre 1969, et Debord dirige la revue. Les premières années sont celles des peintres et des architectes ; elles finissent en ruptures — Constant part en 1960, Jorn en 1961, le groupe Spur est exclu en 1962 — et la revue devient celle des révolutionnaires. Dans les mêmes années, Debord tourne deux courts métrages. Le n° 2 porte en dernière page la notice qui autorise à reproduire librement ses textes : c’est la seule part de l’œuvre que ce site sert en entier.

  1. n° 1 1958
  2. n° 2 1958
  3. n° 3 1959
  4. n° 4 1960
  5. n° 5 1960
  6. n° 6 1961
  7. n° 7 1962
  8. n° 8 1963
  9. n° 9 1964
  10. n° 10 1966
  11. n° 11 1967
  12. n° 12 1969

Lire la revue

Au-delà de la chronologie : BnF, notice d’autorité « Debord, Guy (1931-1994) ».

1967

V 1967

Le livre

La Société du spectacle paraît chez Buchet-Chastel le 14 novembre 1967 : deux cent vingt et une thèses numérotées, en neuf chapitres. Le premier chapitre avait paru un mois plus tôt, dans le n° 11 de la revue. Le livre ne parle pas des médias : il décrit une société où le rapport entre les personnes passe par des images. Champ Libre le réédite en 1971, Gallimard en 1992.

Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images.

Thèse 4, La Société du spectacle, 1967

Le livre, thèse par thèse

1966–1968

VI 1966–1968

Strasbourg, puis Mai

En novembre 1966, à Strasbourg, le bureau local de l’UNEF, passé aux situationnistes, distribue aux étudiants De la misère en milieu étudiant, la brochure de Mustapha Khayati. En mai 1968, les situationnistes et les Enragés siègent au Comité d’occupation de la Sorbonne, puis fondent, le 17 mai, le Conseil pour le maintien des occupations, qui diffuse tracts et affiches jusqu’au 15 juin. Le groupe compte rarement plus d’une douzaine de membres. Au reflux, ils passent en Belgique et y écrivent Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations.

Au-delà de la chronologie : Wikipédia FR, « Guy Debord ».

1969–1985

VII 1969–1985

La dissolution, Champ Libre, Lebovici

En 1972, Debord et Gianfranco Sanguinetti, les deux derniers membres, publient La Véritable Scission dans l’Internationale, et l’IS se dissout. La même année, Debord épouse Alice Becker-Ho. Gérard Lebovici, qui a fondé Champ Libre en 1969, devient son éditeur et finance ses films ; en 1981 il rachète un cinéma du Quartier latin, le studio Cujas, pour n’y montrer qu’eux. Le 5 mars 1984, Lebovici est assassiné dans un parking de l’avenue Foch ; le crime n’a pas été élucidé. La presse met Debord en cause : il intente des procès en diffamation et les gagne, retire ses films des écrans français et répond, en 1985, par les Considérations sur l’assassinat de Gérard Lebovici.

Au-delà de la chronologie : Wikipédia FR, « Guy Debord ».

1988–1994

VIII 1988–1994

Les dernières années

Les Commentaires sur la société du spectacle (1988) décrivent une troisième forme du spectacle, qui fond les deux premières : le spectaculaire intégré. Viennent Panégyrique (1989), puis, chez Gallimard, la réédition du livre de 1967 (1992) et « Cette mauvaise réputation… » (1993), le dernier livre publié de son vivant. Atteint d’une polynévrite alcoolique remarquée à l’automne 1990, Debord se donne la mort le 30 novembre 1994, d’une balle dans le cœur, dans sa maison de Champot, à Bellevue-la-Montagne (Haute-Loire). Ses cendres sont dispersées dans la Seine, à la pointe du Vert-Galant.

Au-delà de la chronologie : Wikipédia FR, « Guy Debord » · Wikipédia EN, « Guy Debord » · BnF, notice d’autorité « Debord, Guy (1931-1994) ».

L’œuvre

Dix-neuf œuvres, de 1952 à 1999

Protégées jusqu’en 2065, sauf la revue. Chacune a sa fiche.

  1. 1952Hurlements en faveur de Sadefilm
  2. 1954Potlatchrevue, 1954–1957 Libre
  3. 1957Rapport sur la construction des situationslivre Droits à établir
  4. 1958Internationale situationnisterevue, 1958–1969 Libre
  5. 1959Mémoireslivre-objet, avec Asger Jorn
  6. 1959Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de tempsfilm
  7. 1961Critique de la séparationfilm
  8. 1967La Société du spectaclelivre
  9. 1972La Véritable Scission dans l'Internationalelivre, avec Gianfranco Sanguinetti
  10. 1973La Société du spectacle (film)film
  11. 1975Réfutation de tous les jugements, tant élogieux qu'hostiles, qui ont été jusqu'ici portés sur le film « La Société du spectacle »film
  12. 1978In girum imus nocte et consumimur ignifilm
  13. 1979Préface à la quatrième édition italienne de La Société du spectaclelivre
  14. 1985Considérations sur l'assassinat de Gérard Lebovicilivre
  15. 1988Commentaires sur la société du spectaclelivre
  16. 1989Panégyrique, tome premierlivre
  17. 1993« Cette mauvaise réputation… »livre
  18. 1997Panégyrique, tome secondlivre
  19. 1999Correspondancelivre, 1999–2010

La bibliothèque, par rayon

Les idées

Six mots pour entrer

Pris à l’abécédaire, qui en définit 47.

Séparation

Le principe dont le spectacle est le résultat. Séparation du producteur et de son produit, du vécu et de son image, de l'individu et de la totalité de sa vie : partout où une activité est retirée à ceux qui la font pour leur revenir sous forme de chose à contempler, il y a séparation.

Toute la définition de « Séparation »

Situation construite

Le mot qui donne son nom au groupe. Contre le spectacle, qui se contemple, la situation se construit : c'est un moment de la vie, concrètement et délibérément organisé par l'aménagement collectif d'une ambiance et d'un jeu d'événements.

Moment de la vie, concrètement et délibérément construit par l’organisation collective d’une ambiance unitaire et d’un jeu d’événements.

« Définitions », Internationale situationniste n° 1, juin 1958

Toute la définition de « Situation construite »

Détournement

L'emploi, dans un ensemble nouveau, d'éléments préexistants — phrases, images, plans de films — sans respect de leur sens d'origine. Ce n'est pas la citation, qui honore sa source, ni le collage, qui joue de l'hétérogène : c'est la réutilisation d'un fragment pour lui faire dire ce qu'il ne disait pas, au service d'une proposition présente.

Toute la définition de « Détournement »

Questions

Ce qu’on demande sur lui

Qui était Guy Debord ?

Un écrivain, théoricien et cinéaste français, né à Paris le 28 décembre 1931 et mort à Bellevue-la-Montagne (Haute-Loire) le 30 novembre 1994. Il a été l’un des fondateurs de l’Internationale lettriste en 1952, puis de l’Internationale situationniste en 1957, dont il a dirigé la revue jusqu’en 1969. Son livre le plus connu, La Société du spectacle, paraît en 1967. Il a aussi réalisé six films.

Sources : BnF, notice d’autorité « Debord, Guy (1931-1994) » · Wikipédia FR, « Guy Debord ».

Qu’est-ce que « la société du spectacle » ?

Le titre de son livre de 1967, deux cent vingt et une thèses en neuf chapitres. Le spectacle n’y désigne ni la télévision ni les images en général, mais un rapport entre les personnes qui passe par des images : « Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. » (thèse 4). La critique du spectacle est donc une critique de la société entière. Ce site explique le livre thèse par thèse.

De quoi est mort Guy Debord ?

Il s’est donné la mort, d’une balle dans le cœur, le 30 novembre 1994, dans sa maison de Champot, à Bellevue-la-Montagne (Haute-Loire). Il souffrait d’une polynévrite alcoolique, remarquée à l’automne 1990. Ses cendres ont été dispersées dans la Seine, à la pointe du Vert-Galant, à Paris.

Sources : Wikipédia FR, « Guy Debord » · Wikipédia EN, « Guy Debord ».

Avec qui Guy Debord a-t-il été marié ?

Avec Michèle Bernstein, épousée en 1954 — elle a été de l’Internationale lettriste, puis de l’Internationale situationniste jusqu’en 1967 —, puis, à partir de 1972, avec Alice Becker-Ho. Alice Debord a participé à l’édition des Œuvres en Quarto (2006) ; c’est son fonds que l’État a classé trésor national en 2009.

Sources : Wikipédia FR, « Guy Debord » · Wikipédia FR, « Michèle Bernstein ».

Quels films a réalisés Guy Debord ?

Six films, de 1952 à 1978 : Hurlements en faveur de Sade (1952), Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps (1959), Critique de la séparation (1961), La Société du spectacle (film) (1973), Réfutation de tous les jugements, tant élogieux qu'hostiles, qui ont été jusqu'ici portés sur le film « La Société du spectacle » (1975), In girum imus nocte et consumimur igni (1978). En 1984, après l’assassinat de Gérard Lebovici, il en interdit la projection en France ; Canal+ en diffuse deux en janvier 1995. Ce site n’en montre rien : chaque film a une fiche de faits sourcés.

Quel livre de Guy Debord lire en premier ?

La Société du spectacle (1967), en commençant par les chapitres I et IV, les deux portes du livre. Viennent ensuite les Commentaires sur la société du spectacle (1988), qui le prolongent, et Panégyrique (1989), où il parle de lui. Pour lire Debord sans rien acheter, la porte est la revue : Internationale situationniste.

Que veut dire « situationniste » ?

Le mot vient de la situation construite, un moment de la vie organisé à plusieurs. Le n° 1 de la revue, en juin 1958, le définit ainsi : « Ce qui se rapporte à la théorie ou à l’activité pratique d’une construction des situations. Celui qui s’emploie à construire des situations. Membre de l’Internationale situationniste. » La même page refuse le mot « situationnisme » : il n’y a pas de doctrine situationniste.

Que signifie « le vrai est un moment du faux » ?

C’est la fin de la thèse 9 de La Société du spectacle : « Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. » Le spectacle n’y est pas un mensonge posé sur une vérité intacte : dans un monde qui marche sur la tête, le vrai subsiste, mais comme une étape du faux. On lit souvent « inversé » ; le texte dit « renversé ».

Peut-on lire Guy Debord gratuitement en ligne ?

Ses livres et ses films, non : Debord est mort en 1994, et son œuvre est protégée en France jusqu’au 1er janvier 2065. La revue Internationale situationniste fait exception : une notice y autorise la libre reproduction de tous ses textes. Ce site la sert en entier — 143 textes, 329 313 mots —, avec une recherche plein texte.

Par où commencer

Trois portes

Sources

Les dates : la chronologie du site, chacune avec la page consultée. Au-delà, consultées le 21 octobre 2026 : Wikipédia FR, « Guy Debord » · Wikipédia EN, « Guy Debord » · BnF, notice d’autorité « Debord, Guy (1931-1994) » · Wikipédia FR, « Michèle Bernstein » · Wikidata, Q298075. Aucune image : les photographies de Debord et ses films sont protégés.