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Thèse 9 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 9 de La Société du spectacle

« Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 9. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La plus courte des thèses, et l'une des plus citées — souvent, d'ailleurs, avec « inversé » à la place de « renversé », ce qui n'est pas ce que le texte dit. Elle affirme que le spectacle n'est pas un mensonge posé sur une vérité : dans un monde qui est réellement à l'envers, ce qui est vrai n'est plus qu'un moment, une étape, du faux qui l'englobe. Le vrai continue d'exister, mais il n'a plus le dernier mot.

II D'où elle vient

C'est l'exact renversement d'une formule de Hegel, dans la préface de la Phénoménologie de l'Esprit, selon laquelle le faux est un moment du vrai — chaque erreur est une étape dans le mouvement de la vérité qui se fait. Debord garde la structure et inverse les termes : le monde étant renversé, la phrase qui le décrit doit l'être aussi. Le détournement est ici la méthode même de la pensée.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 221, la dernière du livre, parlera de « vérité inversée » et de l'émancipation à l'égard de ses bases matérielles. Entre les deux, tout le livre est la description de ce monde renversé.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 34 autres.

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