Lire·Debord
  1. Lire Debord
  2. Le Spectacle
  3. Chapitre IX
  4. Thèse 214

Thèse 214 · chapitre IX, L'idéologie matérialisée

Thèse 214 de La Société du spectacle

L'idéologie totale enfin réalisée, et condamnée

Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 214.

I Ce qu'elle pose

L'idéologie tendait depuis toujours vers une forme achevée : un point de vue partiel qui se fait passer pour la connaissance d'un ensemble immobile, et qui l'impose. Cette tendance, la thèse la voit aboutie dans le spectacle, monde arrêté où l'histoire n'a plus cours. Mais l'accomplissement a un revers. Parvenue à son terme, l'idéologie cesse d'être un corps de doctrine distinct : elle se répand dans toute la société et s'y dissout. Il en découle une conséquence pratique : elle ne disparaîtra qu'avec la société qui la porte, et elle est le dernier obstacle déraisonnable entre les hommes et une vie qui serait enfin historique.

II D'où elle vient

Le terme vient de Karl Mannheim, qui dans Idéologie et utopie distinguait une conception particulière et une conception totale de l'idéologie. Debord en force le sens vers le totalitaire, et la glose qu'il en donne, despotisme d'un fragment, est la sienne. La thèse suit la 213, où l'idéologie matérialisée n'a plus de nom, et retrouve la paralysie de l'histoire décrite au chapitre VI, à la thèse 158.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 215 dira pourquoi le spectacle est l'idéologie portée à son comble, en remontant à Marx et à Hegel. L'idée qu'une réalisation est aussi une dissolution annonce la thèse 221, où il ne s'agit plus d'avoir raison contre l'idéologie mais de s'émanciper de ses bases matérielles.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier capital, avec 52 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte