Thèse 158 · chapitre VI, Le temps spectaculaire
Thèse 158 de La Société du spectacle
« Le spectacle, comme organisation sociale présente de la paralysie de l’histoire et de la mémoire, de l’abandon de l’histoire qui s’érige sur la base du temps historique, est la fausse conscience du temps. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 158. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
La dernière thèse du raisonnement sur le temps. Le spectacle, comme organisation sociale présente de la paralysie de l'histoire et de la mémoire, de l'abandon de l'histoire qui s'érige sur la base du temps historique, est la fausse conscience du temps. Il est né, dit la thèse, du temps historique lui-même — il n'est possible que dans une société qui a connu l'irréversible — et il consiste à l'arrêter : à faire d'une époque qui pourrait se faire elle-même une époque qui se regarde ne rien faire. La fausse conscience du temps n'est pas une illusion sur l'heure qu'il est, c'est l'oubli organisé que l'histoire est à faire.
II D'où elle vient
« Fausse conscience » est la formule de Engels puis de Lukács pour l'idéologie ; Debord la spécialise au temps, ce qui prépare le chapitre IX où le spectacle sera l'idéologie matérialisée. La « paralysie de l'histoire » répond à la thèse 143 : la bourgeoisie a imposé le temps historique et en refuse l'usage ; le spectacle est la forme achevée de ce refus.
III Ce qu'elle ouvre
Les thèses 159 à 164 ouvriront sur ce qui pourrait rendre le temps aux hommes — le projet d'un temps historique vécu, dans lequel le chapitre VII entre par l'espace : l'aménagement du territoire, thèse 165, est la paralysie de l'histoire écrite sur le sol.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 34 autres.
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