Lire·Debord
  1. Lire Debord
  2. Le Spectacle
  3. Chapitre IX
  4. Thèse 215

Thèse 215 · chapitre IX, L'idéologie matérialisée

Thèse 215 de La Société du spectacle

Pourquoi le spectacle porte l'idéologie à son comble

Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 215.

I Ce qu'elle pose

Toute idéologie appauvrit, asservit et nie la vie effective ; si le spectacle en est la forme la plus complète, c'est qu'il fait voir ce fond en entier, sans rien en dissimuler. Il est la séparation des hommes entre eux devenue matière. Sa force de tromperie a sa base dans la production elle-même, qui en multipliant les objets multiplie les puissances étrangères auxquelles l'homme se soumet. Le besoin a été retourné contre la vie, et le seul besoin que l'économie crée vraiment est celui de l'argent. Le spectacle étend ainsi à toute la vie sociale ce que Hegel disait de l'argent : un mort qui se meut de lui-même.

II D'où elle vient

La thèse est un montage de citations. Debord ne nomme que deux sources : les Manuscrits économico-philosophiques, pour le besoin d'argent, et la Realphilosophie d'Iéna, pour la dernière ; les autres fragments, sur l'homme séparé de l'homme, la tromperie et les objets étrangers, ne sont pas sourcés dans la thèse. L'expression de stade suprême rappelle le titre de Lénine sur l'impérialisme. Dans le livre même, elle rejoint la thèse 2, sur le non-vivant qui se meut de lui-même.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 216 fera l'histoire philosophique de cet accomplissement, avec le matérialisme contemplatif et l'idéalisme réunis dans le spectacle. La thèse 217 dira ce que ce monde fait aux individus, qui ne se reconnaissent plus. Le lien entre spectacle et argent renvoie aussi à la thèse 49, où le spectacle est l'argent qu'on regarde.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier capital, avec 52 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte