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Thèse 219 · chapitre IX, L'idéologie matérialisée

Thèse 219 de La Société du spectacle

Le vrai et le faux confondus, et la magie

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I Ce qu'elle pose

Le spectacle abolit deux frontières. Celle du moi et du monde, d'abord, parce que le monde n'y est présent qu'en tant qu'absent, et que le moi s'écrase sous ce siège. Celle du vrai et du faux, ensuite, parce que la vérité vécue est refoulée sous une fausseté bien réelle, garantie par l'organisation des apparences. Celui qui subit sans agir une existence qui ne lui appartient pas est poussé vers une sorte de folie, qui répond à ce sort par des gestes magiques. Acheter et reconnaître les marchandises tient lieu de réponse à une communication qui n'en a pas. Le besoin d'imiter qui en résulte est infantile, produit d'une dépossession de fond.

II D'où elle vient

Elle poursuit le parallèle de Joseph Gabel ouvert à la thèse 217, et se clôt sur une phrase de lui, que Debord cite en précisant que Gabel l'appliquait à un tout autre niveau, pathologique. La présence-absence du monde prolonge la thèse 218 sur la conscience spectatrice enfermée derrière son écran. La confusion du vrai et du faux fait écho à la thèse 9, où le vrai devient un moment du faux.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 220 fera la critique de ceux qui croient sortir de cette folie par les moyens du spectacle, et demandera à la critique de savoir attendre. Les Commentaires de 1988 reprendront la question du vrai et du faux devenus indiscernables, sous le nom de désinformation.

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