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Thèse 212 · chapitre IX, L'idéologie matérialisée

Thèse 212 de La Société du spectacle

« L’idéologie est la base de la pensée d’une société de classes, dans le cours conflictuel de l’histoire. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 212. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le dernier chapitre s'ouvre sur une définition classique : l'idéologie est la base de la pensée d'une société de classes, dans le cours conflictuel de l'histoire. Les faits idéologiques n'ont jamais été de simples chimères, mais la conscience déformée des réalités, et en tant que tels des facteurs réels exerçant en retour une réelle action déformante. Debord ne rejette donc pas le concept marxiste d'idéologie comme une naïveté : il le garde, et il annonce que la société du spectacle en est l'accomplissement — le moment où la déformation n'est plus dans les têtes mais dans les choses.

II D'où elle vient

La définition est celle de L'Idéologie allemande — les idées de la classe dominante sont les idées dominantes, et elles sont la conscience renversée d'un monde renversé — enrichie par Lukács, pour qui l'idéologie a une efficacité matérielle. L'exergue du chapitre, tiré de la Phénoménologie de Hegel sur la conscience de soi, prépare la thèse 217 : une société où personne n'est reconnu.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 213 dira que l'idéologie matérialisée est sans nom et sans programme, et que l'histoire des idéologies est finie ; la 216 que le matérialisme contemplatif est accompli dans le spectacle ; la 217 que la séparation a bâti son monde.

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