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Thèse 174 · chapitre VII, L'aménagement du territoire

Thèse 174 de La Société du spectacle

« La dictature de l’automobile, produit-pilote de la première phase de l’abondance marchande, s’est inscrite dans le terrain avec la domination de l’autoroute, qui disloque les centres anciens et commande une dispersion toujours plus poussée. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 174. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

L'automobile est le produit-pilote de la première phase de l'abondance marchande, et sa dictature s'est inscrite dans le terrain avec la domination de l'autoroute, qui disloque les centres anciens et commande une dispersion toujours plus poussée. En même temps, dit la thèse, les moments de réorganisation inachevée du tissu urbain se polarisent passagèrement autour des « usines de distribution » que sont les supermarchés géants édifiés en terrain nu, sur un socle de parkings — et ces temples de la consommation précipitée sont eux-mêmes en fuite dans le mouvement centrifuge. Une ville faite pour la voiture est une ville où l'on ne peut plus être à pied, donc plus se rencontrer.

II D'où elle vient

L'analyse rejoint celle de Lewis Mumford, que Debord avait lu, sur la ville américaine dissoute par l'automobile ; mais elle est écrite depuis Paris, où les années soixante voient la voie express rive droite, le périphérique et la disparition des Halles — In girum, en 1978, en fera le deuil. Le mot « dictature » répond à la « dictature anti-étatique du prolétariat » de la thèse 179 : deux dictatures, celle des choses ou celle des hommes.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 177 décrit le résultat, la banlieue-dortoir où rien n'arrive ; la 179 dit la seule idée révolutionnaire sur l'urbanisme : la décision de reconstruire intégralement le territoire.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier urbanisme, avec 34 autres.

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