Thèse 170 · chapitre VII, L'aménagement du territoire
Thèse 170 de La Société du spectacle
La thèse commence par une définition compressée :
« La nécessité capitaliste satisfaite dans l’urbanisme, en tant que glaciation visible de la vie »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 170. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
La nécessité capitaliste satisfaite dans l'urbanisme, en tant que glaciation visible de la vie, peut s'exprimer — en termes hégéliens — comme la prédominance absolue de « la paisible coexistence de l'espace » sur « l'inquiet devenir dans la succession du temps ». L'urbanisme, autrement dit, est la victoire de l'espace sur le temps : le temps historique, celui où quelque chose peut arriver, est figé dans des formes bâties qui ne bougent plus. Une ville aménagée est une histoire arrêtée. La thèse relie ainsi le chapitre VI, sur la paralysie du temps, au chapitre VII, sur l'espace qui en est le monument.
II D'où elle vient
Les deux formules entre guillemets viennent de Hegel, dans les Leçons sur la philosophie de l'histoire, où l'espace et le temps sont les deux formes de l'existence de l'Esprit ; Debord les retourne pour dire que le capitalisme a choisi l'espace. « Glaciation visible de la vie » répond à la thèse 10 : la négation de la vie devenue visible, ici devenue béton.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 172 dira à qui sert cette glaciation ; la 177, avec sa devise « ici même, il n'arrivera jamais rien », en donnera la formule ; la 179 opposera la décision de reconstruire le territoire selon les besoins des conseils.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier urbanisme, avec 34 autres.
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