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Thèse 168 · chapitre VII, L'aménagement du territoire

Thèse 168 de La Société du spectacle

« Sous-produit de la circulation des marchandises, la circulation humaine considérée comme une consommation, le tourisme, se ramène fondamentalement au loisir d’aller voir ce qui est devenu banal. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 168. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Sous-produit de la circulation des marchandises, la circulation humaine considérée comme une consommation — le tourisme — se ramène fondamentalement au loisir d'aller voir ce qui est devenu banal. L'aménagement économique de la fréquentation de lieux différents est déjà par lui-même la garantie de leur équivalence : la même modernisation qui a retiré du voyage le temps lui a aussi retiré la réalité de l'espace. On voyage pour voir ailleurs ce qu'on a chez soi, et l'organisation du voyage est ce qui garantit qu'on ne trouvera rien d'autre.

II D'où elle vient

La critique du tourisme est un lieu commun de l'après-guerre ; ce que Debord y ajoute, c'est le lien avec la circulation des marchandises — le touriste est une marchandise qui circule — et avec la banalisation de la thèse 165. La revue avait proposé, contre le voyage, la dérive : un déplacement sans destination qui cherche ce que l'aménagement n'a pas prévu.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 169 généralise à l'urbanisme, prise de possession de tout l'environnement ; la 174 décrira la dictature de l'automobile, moyen de ce tourisme et destructeur des centres anciens.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier urbanisme, avec 34 autres.

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