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Thèse 165 · chapitre VII, L'aménagement du territoire

Thèse 165 de La Société du spectacle

« Cette puissance d’homogénéisation est la grosse artillerie qui a fait tomber toutes les murailles de Chine. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 165. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le chapitre VII passe du temps à l'espace. Le capitalisme a fait de la terre un seul espace : aucune société extérieure ne l'arrête plus. Mais cette unité se paie d'une uniformité, qui s'étend en surface et s'approfondit sur place. La production en série, destinée à un marché abstrait, a d'abord renversé les frontières des provinces, les règlements locaux et les protections corporatives qui garantissaient la qualité de l'artisan ; le même mouvement efface maintenant ce qui faisait la singularité d'un lieu et son autonomie. La thèse finit sur une image militaire, déjà célèbre, que Debord détourne : la force qui égalise tout est un canon qui abat les murs. Le monde entier est devenu un seul espace, et cet espace est partout le même.

II D'où elle vient

L'artillerie qui abat les murailles de Chine est une image du Manifeste, où c'est le bas prix des marchandises bourgeoises qui les fait tomber ; Debord l'étend de l'économie à l'espace. La perte de qualité des lieux est au cœur des premiers textes psychogéographiques, dès 1955 : la dérive cherchait les quartiers qui gardaient une ambiance propre, contre l'aménagement qui les nivelait.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 166 dira que cet espace se modifie sans cesse pour rester identique ; la 167 que la société qui abolit les distances les retrouve en elle, comme séparation ; la 168 traitera du tourisme ; la 169 définira l'urbanisme comme la mainmise du capitalisme sur tout l'environnement.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 79 autres.

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