Thèse 166 · chapitre VII, L'aménagement du territoire
Thèse 166 de La Société du spectacle
Un espace qui change pour rester pareil
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I Ce qu'elle pose
Une phrase construite comme un piège. L'espace ouvert au marché ne cesse d'être refait : on démolit, on reconstruit, on perce, on déplace. On croirait un mouvement perpétuel. La thèse en donne la fin véritable : tous ces chantiers visent à rendre l'espace toujours plus semblable à lui-même, à l'approcher d'une uniformité qui ne bouge plus. Le changement incessant est le moyen de l'immobilité. Ce que le chapitre VI disait du temps, où la nouveauté de la production ne produit que la répétition, se vérifie ici sur le sol.
II D'où elle vient
La thèse suit directement la 165, qui décrivait l'unification de l'espace par le marché comme une banalisation. Elle transpose au territoire la thèse 156, où la consommation n'était que le retour élargi du même. Le libre espace de la marchandise rappelle le libre-échange, et la liberté de circulation des produits que le Manifeste voyait abattre toutes les frontières.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 167 dira que cet espace homogène recueille la distance à l'intérieur, comme séparation ; la 170 donnera à cette immobilité son nom hégélien, la victoire de l'espace sur le temps. La 174 montrera la ville reconstruite autour de l'automobile, qui ne cesse de se défaire.
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