Thèse 176 · chapitre VII, L'aménagement du territoire
Thèse 176 de La Société du spectacle
Ce que la ville a été pour l'histoire
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I Ce qu'elle pose
La thèse fait l'éloge de la ville, et c'est pour mesurer sa perte. L'histoire universelle y est née, et elle a mûri quand la ville l'a emporté sur la campagne. Mais la ville a été aussi le siège de la tyrannie et de l'administration qui tient le pays et la ville elle-même : elle a été le terrain où la liberté se disputait, jamais sa possession acquise. Elle est le lieu où l'histoire se fait pour deux raisons, parce qu'elle concentre le pouvoir social qui permet d'agir et parce qu'elle garde la mémoire du passé. Sa liquidation actuelle révèle donc un retard : l'économie n'a pas été soumise à une société consciente de son histoire.
II D'où elle vient
Debord nomme Marx, qui compte parmi les mérites de la bourgeoisie, dans le Manifeste, d'avoir placé les campagnes sous la domination des villes. L'idée que l'air de la ville libère reprend un vieil adage du droit médiéval allemand, selon lequel le serf réfugié en ville y devenait libre. La ville comme milieu de l'histoire répond à la thèse 128, où l'appropriation du temps irréversible passe par des centres de pouvoir.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 177 décrira ce qui succède à la ville détruite, des villes nouvelles sans passé ; la 178 dira que l'histoire, menace pour ce monde, peut rendre l'espace au temps que l'on vit. La 179 confiera la reconstruction aux conseils, seule unification de la société qui reprenne ses pouvoirs.
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