Thèse 167 · chapitre VII, L'aménagement du territoire
Thèse 167 de La Société du spectacle
« Cette société qui supprime la distance géographique recueille intérieurement la distance, en tant que séparation spectaculaire. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 167. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
Une thèse courte, en forme de paradoxe. La société qui supprime la distance géographique — par le train, l'automobile, l'avion, la télévision — recueille intérieurement la distance, en tant que séparation spectaculaire. Plus il est facile d'aller partout, moins on est quelque part ; plus les lieux se rapprochent, plus les gens sont séparés dans les lieux. La distance n'a pas disparu, elle a changé de nature : elle n'est plus entre les villes, elle est entre chacun et sa propre vie.
II D'où elle vient
C'est la thèse 29 — le spectacle réunit le séparé en tant que séparé — appliquée à la géographie. La revue avait commencé par la dérive, c'est-à-dire par l'expérience de la distance dans la ville ; Debord constate ici que l'urbanisme a résolu la distance en la rendant intérieure. Le chiasme, une fois de plus, fait tenir l'idée en une phrase.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 168 en donne l'illustration la plus familière, le tourisme ; la 172 en donnera la fonction politique : le maintien de l'atomisation des travailleurs que les conditions urbaines avaient rassemblés.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 37 autres.
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