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Thèse 49 · chapitre II, La marchandise comme spectacle

Thèse 49 de La Société du spectacle

« Le spectacle est l’autre face de l’argent : l’équivalent général abstrait de toutes les marchandises. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 49. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le spectacle est l'autre face de l'argent. L'argent, dit la thèse, a dominé la société comme représentation de l'équivalence centrale — comme ce qui rend échangeables des biens dont les usages ne sont pas comparables. Le spectacle est son complément moderne développé : l'argent qu'on ne fait que regarder, parce qu'en lui la totalité de l'usage s'est déjà échangée contre la totalité de la représentation abstraite. Ce n'est plus seulement le travail qui est abstrait, c'est la vie entière, et l'abstraction se contemple.

II D'où elle vient

L'analyse de l'argent comme équivalent général est celle du chapitre I du Capital, où l'argent naît de la forme valeur comme la marchandise dans laquelle toutes les autres expriment leur valeur. Debord prolonge : s'il faut une marchandise pour représenter toutes les marchandises, il faut aussi une image pour représenter tous les usages. Le spectacle est cette image, comme l'argent est cette marchandise. Le rapprochement est déjà dans Marx quand il parle de l'argent comme du dieu des marchandises.

III Ce qu'elle ouvre

Le chapitre III, dès la thèse 54, quittera l'économie pour la politique : les formes que prend le spectacle selon les régimes, concentré ou diffus. La thèse 34, en amont, avait dit la même chose en une ligne — le capital devenu image.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 37 autres.

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