Thèse 156 · chapitre VI, Le temps spectaculaire
Thèse 156 de La Société du spectacle
Le passé règne sur le présent
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I Ce qu'elle pose
Deux phrases, deux temps. D'abord un constat : la nouveauté réelle se trouve du côté de la production, qui transforme sans cesse ses procédés et ses objets ; la consommation, elle, ne fait que répéter le même, en plus grand. Ensuite la cause, énoncée en termes de travail : tant que le travail accumulé commande au travail en train de se faire, le temps spectaculaire place ce qui a déjà eu lieu au-dessus de ce qui a lieu. La répétition n'est donc pas un goût de l'époque, c'est l'effet direct d'un rapport de production.
II D'où elle vient
Le couple travail mort et travail vivant vient de Marx, pour qui le capital est du travail passé qui se nourrit du travail présent. La conclusion rappelle une formule du Manifeste, où Marx et Engels écrivent que dans la société bourgeoise le passé domine le présent, quand le communisme devrait inverser ce rapport. Debord transporte l'observation de l'économie au vécu du temps. Dans le livre, elle prolonge la thèse 155.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 157 en tire la conséquence pour l'individu, dont la vie n'a pas d'histoire ; la 163 reprendra le mouvement inverse, un temps irréversible et ludique où le présent se ferait. La thèse 200 retrouvera au chapitre VIII les pseudo-événements d'une époque sans mémoire.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier capital, avec 52 autres.
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