Lire·Debord
  1. Lire Debord
  2. Le Spectacle
  3. Chapitre I
  4. Thèse 29

Thèse 29 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 29 de La Société du spectacle

« Le spectacle réunit le séparé, mais il le réunit en tant que séparé. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 29. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

L'origine du spectacle est la perte de l'unité du monde, et son expansion gigantesque exprime la totalité de cette perte. Ce que la thèse ajoute, c'est que le spectacle n'est pas seulement la séparation : il est aussi ce qui la rend supportable, en réunissant en image ce qu'il a séparé dans les faits. Les spectateurs sont ensemble devant le même écran, mais ils ne sont réunis que dans leur séparation même — chacun regarde seul ce que tous regardent. L'unité du spectacle est la fausse unité d'individus isolés.

II D'où elle vient

C'est le retour de la thèse 3 — le spectacle comme instrument d'unification — passée par la dialectique : l'unification qu'il opère conserve la division qu'elle unifie. La formule fait écho au chapitre du Capital sur la coopération, où les ouvriers sont rassemblés par le capital sans l'être pour eux-mêmes. Debord en fait la loi de toute réunion spectaculaire, du stade au meeting.

III Ce qu'elle ouvre

Le chapitre III, dès la thèse 54, développera cette unité fondée sur le déchirement. La thèse 172 dira, à propos de l'urbanisme, comment le pouvoir maintient l'atomisation de ceux qu'il a rassemblés.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier unité, avec 22 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte