Thèse 37 · chapitre II, La marchandise comme spectacle
Thèse 37 de La Société du spectacle
Ce que le spectacle montre de la marchandise
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I Ce qu'elle pose
La thèse tient en deux temps. D'abord une définition sans verbe, presque une légende d'image : ce que le spectacle fait voir, c'est le règne de la marchandise sur toute l'expérience vécue, un monde qui est là sous les yeux et qui pourtant se dérobe à qui voudrait y vivre. Ensuite un aveu paradoxal : cette vue n'est pas fausse. Le spectacle ne déguise pas la marchandise, il la montre exactement, puisque ce qu'elle produit en se développant, c'est la distance — entre les hommes, et entre eux et l'ensemble de ce qu'ils fabriquent. Ce qu'on voit est bien l'éloignement.
II D'où elle vient
Elle prolonge la thèse 36 : si les images ont pris la place du sensible, reste à dire ce qu'elles représentent. On y reconnaît le vocabulaire de l'aliénation chez le jeune Marx, où le travailleur devient étranger à son produit et aux autres hommes. Dans le livre même, elle reprend la thèse 25, qui mettait la séparation au principe du spectacle, et la thèse 31, où l'abondance produite revenait au travailleur comme dépossession.
III Ce qu'elle ouvre
Le raisonnement passe ensuite de ce qui se voit à ce qui se mesure : la thèse 38 dira que cette distance a une forme, le quantitatif. La thèse 42 reprendra le constat à l'échelle de la société entière : le monde qu'on voit n'est plus que celui de la marchandise, et l'on n'y voit rien d'autre.
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