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Thèse 128 · chapitre V, Temps et histoire

Thèse 128 de La Société du spectacle

Les maîtres confisquent le premier temps irréversible

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I Ce qu'elle pose

Avec la division en classes, le temps lui-même devient une richesse qu'on accapare. La classe qui organise le travail d'une société encore pauvre ne prélève pas seulement un surplus de biens : elle garde pour elle le seul temps qui avance, celui où il arrive quelque chose. Ce temps se dépense en fêtes, en guerres, en aventures, loin du retour des saisons que vit la masse. Pour le plus grand nombre, l'histoire n'est d'abord qu'une intrusion venue d'en haut ou du dehors, subie plutôt que faite. Mais en perçant ainsi l'ordre immobile, elle rend aux hommes l'inquiétude qui les avait fait sortir de la nature.

II D'où elle vient

La thèse applique au temps le vocabulaire de l'économie de Marx : il y a une plus-value temporelle comme il y a une plus-value de travail, et elle revient aux mêmes. L'inquiétude négative de la fin renvoie à la thèse 125, où l'homme était défini, après Hegel, comme l'être qui nie ce qui est ; la thèse 126 montrait les sociétés statiques figées dans un présent perpétuel.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 129 dira que ce temps des maîtres reste une écume à la surface du cycle ; la 131 lui donnera ses instruments, la dynastie et l'écriture. La 143 retrouvera la même confiscation à l'âge bourgeois, sous une autre forme : le temps irréversible y est imposé à tous, et son usage refusé.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.

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