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Thèse 5 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 5 de La Société du spectacle

« Il est bien plutôt une Weltanschauung devenue effective, matériellement traduite. C’est une vision du monde qui s’est objectivée. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 5. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le spectacle ne peut pas être compris comme un abus du monde de la vision, comme un produit des techniques de diffusion massive des images — ce serait, encore une fois, le prendre pour un ensemble d'images. Il faut le comprendre à l'inverse : c'est une vision du monde, une Weltanschauung, qui est devenue réelle, qui s'est traduite en choses. Le spectacle n'est pas ce qu'on voit, c'est une façon de voir qui a pris corps.

II D'où elle vient

Le mot allemand est celui de la philosophie allemande, de Dilthey aux idéologues ; l'idée que la conscience se matérialise vient de Marx et de Lukács, pour qui la réification n'est pas une erreur de la pensée mais une structure du réel. Debord tourne la formule contre les analyses sociologiques des médias qui se multipliaient dans les années soixante, et qu'il tenait pour des descriptions sans critique.

III Ce qu'elle ouvre

C'est le germe du dernier chapitre : l'idéologie matérialisée. La thèse 212 reprendra le fil, et la thèse 216 dira que le vieux matérialisme contemplatif est accompli dans le spectacle, où les choses sont maîtresses de la vie sociale.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 37 autres.

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