Thèse 152 · chapitre VI, Le temps spectaculaire
Thèse 152 de La Société du spectacle
« Dans son secteur le plus avancé, le capitalisme concentré s’oriente vers la vente de blocs de temps « tout équipés », chacun d’eux constituant une seule marchandise unifiée, qui a intégré un certain nombre de marchandises diverses. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 152. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
Le temps consommable de la société moderne est vendu par blocs. Dans son secteur le plus avancé, le capitalisme concentré s'oriente vers la vente de blocs de temps « tout équipés », chacun d'eux constituant une seule marchandise unifiée, qui a intégré un certain nombre de marchandises diverses. Le voyage organisé, le club de vacances, la semaine de ski, le week-end thématique : on n'achète plus des objets, on achète du temps déjà rempli. Et ce temps, dit la thèse, peut apparaître comme un moment de la vie authentique dont il s'agit d'attendre le retour cyclique — l'économie vend la vie par tranches.
II D'où elle vient
L'observation vise le Club Méditerranée, fondé en 1950, et le tourisme de masse des années soixante, que la revue avait déjà raillés ; mais Debord la porte au niveau du concept : le temps devenu marchandise (thèse 147) doit, comme toute marchandise, être présenté en unités consommables. La « survie augmentée » de la thèse 44 trouve ici sa forme temporelle.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 153 définit le temps pseudo-cyclique consommable comme temps spectaculaire, à la fois consommation d'images et image de la consommation du temps ; la 168, au chapitre VII, dira ce qu'est le tourisme : le loisir d'aller voir ce qui est devenu banal.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 37 autres.
Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte