Thèse 38 · chapitre II, La marchandise comme spectacle
Thèse 38 de La Société du spectacle
Pourquoi tout se ressemble sous le règne marchand
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I Ce qu'elle pose
Le lecteur de 1967 constate partout une perte : le langage publicitaire s'appauvrit, les objets vantés se ressemblent, les conduites prescrites s'uniformisent. La thèse refuse d'y voir un simple défaut de goût. Cette pauvreté ne fait que rendre visible la nature de la production elle-même. La marchandise ne connaît qu'une chose : ce qui peut s'égaler à autre chose, se compter, s'additionner. Sa forme est l'identité avec soi, c'est-à-dire l'indifférence à toute différence réelle. Elle ne grandit qu'en quantité et ne peut grandir autrement ; la qualité, qui est ce qui ne s'échange pas, lui est étrangère par principe.
II D'où elle vient
Les catégories de qualité et de quantité rappellent la logique de Hegel, relue par Marx : dans le premier chapitre du Capital, la valeur d'échange fait abstraction de toutes les qualités sensibles d'un objet pour n'en retenir qu'une grandeur. La thèse applique cette analyse de l'échange au monde visible que les thèses 36 et 37 venaient de décrire.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 39 retourne aussitôt l'argument : ce développement purement quantitatif est pourtant soumis, lui aussi, à un saut qualitatif. La critique de la culture, au chapitre VIII, retrouvera cette perte de la qualité dans l'art et le langage, et la thèse 47 dans l'usage des choses.
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