Thèse 39 · chapitre II, La marchandise comme spectacle
Thèse 39 de La Société du spectacle
Quand la quantité change de nature
Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 39.
I Ce qu'elle pose
La thèse applique à la marchandise la règle même qu'elle vient d'exclure. Un mouvement qui n'accumule que des quantités finit, à force d'accumuler, par produire un changement de nature. Le spectacle est ce changement : l'abondance marchande a passé un seuil. Debord précise la portée du constat avec prudence. Ce seuil n'est franchi que dans quelques régions du monde ; mais il l'est déjà à l'échelle qui compte pour la marchandise, celle de la planète, puisque son horizon a toujours été universel et que l'histoire du commerce l'a réalisé en faisant de la Terre un seul marché.
II D'où elle vient
Le passage de la quantité à la qualité est une figure hégélienne, reprise par Engels comme loi de la dialectique ; Debord s'en sert contre l'objet qui ignore la qualité, décrit à la thèse 38. Le marché mondial comme horizon du capital est un thème du Manifeste de Marx et Engels. La prudence géographique annonce la thèse 42, qui distinguera les zones avancées et les autres.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 40 reprend tout depuis le début, en historien : comment le secteur marchand, d'abord marginal, a conquis l'économie entière. La question du seuil franchi, et de ce qu'il rend possible, reviendra aux thèses 51 et 52, où la victoire de l'économie devient sa perte.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier capital, avec 52 autres.
Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte