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Thèse 42 · chapitre II, La marchandise comme spectacle

Thèse 42 de La Société du spectacle

« Le spectacle est le moment où la marchandise est parvenue à l’occupation totale de la vie sociale. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 42. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La définition économique du spectacle, symétrique de la thèse 4 qui en donnait la définition sociale. Le spectacle n'est pas un stade de la culture ou de la technique : c'est le moment où la marchandise, après avoir conquis la production puis l'échange, occupe totalement la vie sociale — non seulement le rapport à la marchandise est visible, mais on ne voit plus que lui. Le monde qu'on voit est son monde. La thèse ajoute que l'expansion économique moderne est l'expansion de ce secteur industriel précis, la production de la vie comme marchandise.

II D'où elle vient

C'est la thèse 1 réécrite depuis l'économie : « une immense accumulation de spectacles » devient ici « l'occupation totale de la vie sociale » par la marchandise. Le mot « occupation » a chez Debord une résonance militaire, et il n'est pas innocent en 1967 : la vie quotidienne est un territoire occupé, ce que la revue disait depuis Perspectives de modifications conscientes dans la vie quotidienne, en 1961, et que le mouvement de 1968 reprendra.

III Ce qu'elle ouvre

Les thèses suivantes décrivent cette occupation : la survie augmentée (thèse 44 et suivantes), le consommateur d'illusions à la thèse 47, et le spectacle comme autre face de l'argent à la thèse 49.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 37 autres.

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