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Thèse 48 · chapitre II, La marchandise comme spectacle

Thèse 48 de La Société du spectacle

Plus l'usage s'efface, plus on le proclame

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I Ce qu'elle pose

Dans l'échange ordinaire, l'utilité d'un objet allait sans dire : on ne l'achetait que parce qu'il servait à quelque chose. Or c'est précisément parce que cette utilité réelle s'amenuise, dans une économie marchande parvenue à l'excès, qu'il faut désormais l'affirmer à voix haute. Le spectacle se charge de ce discours : il répète que les choses servent, qu'elles rendent heureux, qu'elles répondent à des besoins. Cette insistance est un symptôme. Une vie devenue fausse a besoin qu'on lui fournisse des raisons, et ces raisons sont elles-mêmes fausses.

II D'où elle vient

Elle suit directement la thèse 47 et la « baisse tendancielle » qui frappe la valeur d'usage. Le renversement annoncé à la thèse 46, où l'échange commande l'usage, trouve ici sa forme visible. Le mot de réalité inversée renvoie à la thèse 9 et au monde renversé du premier chapitre ; l'implicite qui doit devenir explicite est un mouvement de pensée hégélien que Debord emploie souvent.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 49 donnera le nom de cette justification permanente : le spectacle comme autre face de l'argent, et comme pseudo-usage de la vie. Le chapitre III reprendra le fil, quand la satisfaction que l'usage ne donne plus sera cherchée dans la marchandise elle-même, reconnue comme telle (thèse 67).

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