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Thèse 35 · chapitre II, La marchandise comme spectacle

Thèse 35 de La Société du spectacle

Le chapitre s'ouvre sur une phrase de Marx retournée en constat : dans le monde du spectacle, dit Debord,

« … nous reconnaissons notre vieille ennemie qui sait si bien paraître au premier coup d’œil quelque chose de trivial et se comprenant de soi-même, alors qu’elle est au contraire si complexe et si pleine de subtilités métaphysiques, la marchandise. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 35. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le chapitre II commence là où le premier finissait : si le spectacle est le capital devenu image, il faut revenir à ce que Marx avait mis au commencement du Capital, la marchandise. Debord la présente comme une « vieille ennemie » qu'on reconnaît — celle qui a l'air de rien et qui est pleine de subtilités métaphysiques. Ce qui était, chez Marx, l'analyse d'un objet économique devient ici la reconnaissance d'un adversaire : la marchandise n'est pas seulement à comprendre, elle est à combattre, parce que c'est elle qui, parvenue au bout de son règne, se donne en spectacle.

II D'où elle vient

La phrase est un détournement quasi littéral du premier chapitre du Capital, section IV, sur le fétichisme de la marchandise : une marchandise paraît au premier coup d'œil quelque chose de trivial et qui se comprend de soi-même, alors qu'elle est au contraire chose très complexe, pleine de subtilités métaphysiques et d'arguties théologiques. Debord garde les mots et change le ton — « notre vieille ennemie » est une adresse de combattant, pas d'économiste.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 36 nomme aussitôt le principe : le fétichisme de la marchandise, qui s'accomplit absolument dans le spectacle. Et la thèse 42 dira le moment où la marchandise a occupé toute la vie sociale.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 37 autres.

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