Thèse 43 · chapitre II, La marchandise comme spectacle
Thèse 43 de La Société du spectacle
La thèse décrit le travailleur qui, méprisé dans la production,
« … se retrouve chaque jour en dehors de celle-ci apparemment traité comme une grande personne, avec une politesse empressée, sous le déguisement du consommateur. »
Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 43. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.
I Ce qu'elle pose
Le mouvement moderne de l'économie a une conséquence sur la personne même du travailleur. Dans la production, il est traité comme une chose ; hors de la production, le voilà soudain traité en grande personne, avec une politesse empressée — sous le déguisement du consommateur. L'humanisme de la marchandise, dit Debord, prend en charge les loisirs et l'humanité du travailleur, simplement parce que l'économie a maintenant besoin de lui comme acheteur autant que comme producteur. Le respect qu'on lui montre au magasin est l'exact envers du mépris qu'on lui montre à l'atelier.
II D'où elle vient
C'est la lecture, par Debord, du tournant fordiste que les sociologues des années soixante décrivaient comme l'avènement de la société de consommation : Marx avait analysé le travailleur comme force de travail ; la nouvelle phase le saisit aussi comme consommateur, et la critique de la vie quotidienne de Lefebvre en avait fait son objet. Debord ne nie pas le changement, il en démasque la politesse.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 44 introduira la survie augmentée, cette abondance qui reste survie ; la thèse 47 dira ce que consomme ce consommateur si bien traité : des illusions.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 37 autres.
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