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Thèse 40 · chapitre II, La marchandise comme spectacle

Thèse 40 de La Société du spectacle

Comment la marchandise a conquis l'économie entière

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I Ce qu'elle pose

La plus longue thèse du chapitre fait l'histoire du règne marchand. Longtemps, l'échange n'est qu'une marge : un excédent produit au-delà de ce qui fait vivre, troqué par des artisans indépendants, sans que sa logique de pure quantité se laisse encore voir. Il faut le grand commerce et l'accumulation du capital pour qu'il s'empare de toute la production, et que le travail lui-même devienne marchandise sous la forme du salaire. Le résultat est une abondance réelle, qui a vaincu la faim, mais qui repose la question de la survie à chaque niveau atteint. On s'est libéré de la nature pour tomber sous la coupe de ce qui a libéré : une seconde nature, l'économie, qu'on sert sans fin. D'où la formule qui fera fortune dans le livre : l'abondance n'est que la survie augmentée.

II D'où elle vient

Le cadre est celui du matérialisme historique : le développement des forces productives comme histoire que les hommes font sans la connaître, et le passage de l'échange marginal à la production marchande généralisée, que Marx retrace dans Le Capital. Ce que Debord y ajoute est la notion de survie, que les thèses 38 et 39 préparaient : un progrès sans limite de la quantité ne peut que reconduire le besoin.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 41 raconte la même conquête du point de vue de ce qui la rend visible. La survie augmentée revient aux thèses 44 et 47, puis au chapitre VI (thèse 150), où elle devient un temps, celui de la consommation. La pseudo-nature reparaît dans cette même thèse 150.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.

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