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Thèse 47 · chapitre II, La marchandise comme spectacle

Thèse 47 de La Société du spectacle

« Le consommateur réel devient consommateur d’illusions. La marchandise est cette illusion effectivement réelle, et le spectacle sa manifestation générale. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 47. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La thèse cherche pourquoi l'on accepte l'illusion. Debord nomme une tendance de l'économie capitaliste : la valeur d'usage des produits s'amoindrit, et cette érosion crée une privation d'un genre nouveau au sein même de l'abondance. Car la survie élargie n'a pas rompu avec la vieille rareté : elle réclame toujours le travail salarié du grand nombre, et nul n'ignore que refuser, c'est mourir. Le besoin le plus élémentaire, se nourrir, se loger, n'est plus satisfait qu'enfermé dans une richesse de façade. Voilà le chantage réel sur lequel repose l'adhésion à l'illusion marchande en général. D'où la conclusion de la citation : la marchandise n'est pas un mensonge sur les choses, c'est une illusion qui a la consistance d'une chose, et le spectacle est la forme sous laquelle elle se montre partout.

II D'où elle vient

Appliquer à la valeur d'usage l'idée d'une baisse tendancielle détourne la loi de la baisse tendancielle du taux de profit, au livre III du Capital : là où Marx décrit un mouvement de l'économie, Debord décrit un mouvement de la vie. L'oxymore d'une illusion réelle est hégélien dans sa forme — une illusion qui a de l'effectivité — et il répond à la thèse 9 : dans le monde renversé, le vrai n'est qu'un moment du faux.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 49 achèvera le raisonnement en faisant du spectacle l'autre visage de l'argent, cet équivalent de tout ce qui se vend. Le chapitre VI reprendra la consommation d'illusions sous sa forme temporelle, le temps spectaculaire.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 79 autres.

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