Lire·Debord
  1. Lire Debord
  2. Le Spectacle
  3. Chapitre VIII
  4. Thèse 180

Thèse 180 · chapitre VIII, La négation et la consommation dans la culture

Thèse 180 de La Société du spectacle

« La culture est le lieu de la recherche de l’unité perdue. Dans cette recherche de l’unité, la culture comme sphère séparée est obligée de se nier elle-même. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 180. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le chapitre VIII ouvre sur une définition de la culture : le lieu de la recherche de l'unité perdue. Dans cette recherche, la culture comme sphère séparée est obligée de se nier elle-même. La culture est née de l'histoire qui a dissous le mode de vie de l'ancien monde, et elle est devenue le domaine général de la connaissance et des représentations du vécu, dans une société de classes divisée en elle-même. Mais ce qui la fonde — la séparation entre ceux qui pensent et ceux qui vivent — est aussi ce qui la condamne : elle cherche l'unité que sa propre existence, comme sphère à part, rend impossible.

II D'où elle vient

La culture comme sphère séparée est une thèse de Marx dans L'Idéologie allemande (la division du travail matériel et intellectuel) ; l'obligation de se nier est hégélienne, et c'est le mouvement même de l'art moderne tel que Debord le voit — dada, le surréalisme, le lettrisme, chacun détruisant un peu plus la culture au nom de la vie. L'exergue du chapitre, la lettre de Ruge à Marx, dit la même chose de la philosophie en 1843.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 184 distinguera les deux issues de cette fin de la culture, le dépassement dans l'histoire totale ou la conservation en objet mort ; la 191 nommera dada et le surréalisme ; la 204 dira ce qu'est le style de la négation dont le livre est écrit.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier unité, avec 22 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte