Thèse 129 · chapitre V, Temps et histoire
Thèse 129 de La Société du spectacle
Une histoire qui s'use sur un fond qui dure
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I Ce qu'elle pose
Brève, la thèse marque une tension. Le cycle, par lui-même, ignore le conflit : tout y revient à sa place. Or le conflit est déjà là, logé dans les débuts, parce que l'histoire commence comme l'activité propre des dominants et doit s'imposer contre la répétition. Cette histoire-là ne produit de l'irréversible qu'en surface : chaque règne, chaque campagne consomme le temps qu'il fait naître, et disparaît. Dessous, le temps de la société agraire reste une réserve qui ne se tarit pas. Deux durées coexistent, l'une qui s'épuise, l'autre qui se renouvelle.
II D'où elle vient
Elle resserre ce que la thèse 128 exposait longuement : le temps des maîtres flotte au-dessus d'une communauté statique. Le mot d'enfance, appliqué au temps, rappelle la manière dont la philosophie de l'histoire issue de Hegel décrit l'Orient comme le premier âge de l'esprit, mais le texte ne le nomme pas ; il suffit de lire la thèse à partir de la 125.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 130 regarde les sociétés qui ont réduit au minimum cette part d'histoire ; la 132 montrera l'histoire des puissants retombant dans l'oubli avec chaque empire, tandis que le paysan ne change pas. Le couple de la surface et du fond reviendra, inversé, à la thèse 142.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.
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