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Thèse 127 · chapitre V, Temps et histoire

Thèse 127 de La Société du spectacle

« Le passage du nomadisme pastoral à l’agriculture sédentaire est la fin de la liberté paresseuse et sans contenu, le début du labeur. Le mode de production agraire en général, dominé par le rythme des saisons, est la base du temps cyclique pleinement constitué. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 127. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Le passage du nomadisme pastoral à l'agriculture sédentaire est la fin de la liberté paresseuse et sans contenu, le début du labeur. Le mode de production agraire en général, dominé par le rythme des saisons, est la base du temps cyclique pleinement constitué. L'éternité lui est intérieure : c'est ici-bas le retour du même. Le mythe est la construction unitaire de la pensée qui garantit tout l'ordre cosmique autour de l'ordre que cette société a déjà réalisé en fait dans ses frontières. La thèse relie ainsi une forme de travail, une forme de temps et une forme de pensée.

II D'où elle vient

Le schéma est celui du matérialisme historique — un mode de production, sa temporalité, son idéologie — mais la « liberté paresseuse et sans contenu » du nomade a une résonance situationniste : la dérive, elle aussi, refuse le labeur et l'emploi du temps. Debord ne regrette pas le nomadisme, il note ce que l'agriculture a coûté, comme Marx notait ce que l'accumulation primitive avait coûté.

III Ce qu'elle ouvre

Les thèses 128 à 133 suivront le temps irréversible qui apparaît avec les maîtres — le temps des chroniques, propriété des puissants — jusqu'aux religions monothéistes ; la thèse 143 sautera à la bourgeoisie, qui a imposé le temps historique à toute la société.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 34 autres.

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