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Thèse 134 · chapitre V, Temps et histoire

Thèse 134 de La Société du spectacle

La Grèce, histoire consciente et encore aveugle

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I Ce qu'elle pose

Penser l'histoire, c'est penser le pouvoir. En Grèce, pour une fois, les maîtres débattaient ouvertement du pouvoir et de ses changements, à l'opposé de l'État despotique où tout se règle en secret, par les complots du palais. Mais cette démocratie vivait du travail des esclaves, tenus hors du temps et de la parole ; la vie n'était vécue que par qui ne produisait pas. La séparation qui fondait chaque cité se retrouvait entre les cités, dans leurs guerres et leurs rivalités : incapables de s'unir contre l'envahisseur, elles n'avaient pas même un calendrier commun. Le temps historique y devient conscient, sans encore se savoir.

II D'où elle vient

La thèse prolonge la 133 et fait écho à la 131 sur le pouvoir séparé. La formule finale, où une conscience n'est pas encore conscience de soi, emprunte le vocabulaire de la Phénoménologie de Hegel. La restriction de la vie aux oisifs renvoie à ce que Marx dit de l'Antiquité esclavagiste, mais le texte ne cite personne.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 135 décrit ce qui suit la fin des cités : non un retour du mythe, mais des religions à demi historiques. Machiavel, à la thèse 139, reprendra ce raisonnement sur le pouvoir là où les Grecs l'avaient laissé.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier baroque, avec 7 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte