Thèse 136 · chapitre V, Temps et histoire
Thèse 136 de La Société du spectacle
Le monothéisme, un temps qui avance vers sa fin
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I Ce qu'elle pose
Les religions monothéistes négocient entre deux temps : le cycle qui règle encore les récoltes, et l'irréversible où les peuples se heurtent et se mêlent. Nées du judaïsme, elles ouvrent à chacun un temps orienté, mais seulement en esprit, tendu vers un dénouement unique. Elles fixent une origine datée, la naissance du Christ ou l'hégire, et leur temps rend possible une accumulation réelle, conquête pour l'islam, capital pour le protestantisme. Pourtant la pensée religieuse le retourne en décompte vers le Jugement. L'éternité quitte le cycle pour se loger au-delà de l'histoire, qu'elle annule en la couronnant.
II D'où elle vient
La thèse précise le compromis annoncé par la 135. La remarque sur la Réforme et le capital évoque la thèse de Max Weber sur l'éthique protestante, mais Debord ne le nomme pas ; il cite en revanche l'Évangile et Bossuet, qui disent le passage du temps à l'éternité. La religion comme illusion démocratisée reprend la vulgarisation de la possession mythique de la thèse 132.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 137 montrera le moyen âge vivant ce temps orienté comme un pèlerinage ; la 138, les millénaristes voulant le royaume sur terre. La 144 retrouvera l'ère chrétienne, où la bourgeoisie viendra reloger son calendrier.
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