Thèse 133 · chapitre V, Temps et histoire
Thèse 133 de La Société du spectacle
Quand l'histoire devient récit partagé
Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 133.
I Ce qu'elle pose
Pour que la liste des règnes, dictée d'en haut au nom des dieux, se change en histoire qui se comprend, il faut que beaucoup de gens aient réellement pris part aux événements. Des hommes qui se sont reconnus comme possédant ensemble un moment singulier, et qui ont senti dans ce qui arrivait leur propre action et leur séjour, font naître entre eux une langue commune de l'histoire. Cette expérience a deux faces : elle découvre ce qui mérite de durer dans la mémoire, et, du même coup, le danger que le temps efface tout.
II D'où elle vient
La thèse s'oppose à la chronique sèche de la 132. Elle se clôt sur les premières lignes d'Hérodote, nommé, dont l'enquête se donne pour but de sauver de l'oubli les actions des hommes : la naissance de l'historiographie grecque sert de preuve à la thèse. L'idée que l'histoire consciente suppose une participation élargie annonce le rôle que Debord donne aux conseils.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 134 dira que ce raisonnement sur l'histoire est d'emblée un raisonnement sur le pouvoir, et que la Grèce l'a mené sans l'achever. Le motif de la participation réelle reviendra à la fin du chapitre, thèse 143 : le prolétariat veut vivre lui-même le temps historique dont il est le producteur.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier capital, avec 52 autres.
Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte