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Thèse 130 · chapitre V, Temps et histoire

Thèse 130 de La Société du spectacle

Les sociétés qui retiennent l'histoire, vues du dehors

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I Ce qu'elle pose

Debord s'arrête sur les sociétés que l'ethnologie appelle froides : celles qui ont presque arrêté leur propre mouvement, en tenant en équilibre leurs rapports avec le milieu et leurs tensions internes. La variété de leurs institutions prouve que la nature humaine se façonne elle-même de mille manières. Mais cette preuve n'existe que pour un regard venu d'ailleurs, celui du savant sorti du temps historique ; de l'intérieur, chaque forme se vit comme la seule possible. Le changement y est exclu par construction, et la seule frontière du conformisme est la peur de redevenir bête. Rester humain y exige de ne pas changer.

II D'où elle vient

L'opposition entre sociétés froides et chaudes est celle de Claude Lévi-Strauss, que la thèse met entre guillemets sans le nommer, au moment où le structuralisme domine la pensée française. Debord accepte la description mais retourne la perspective : la diversité admirée par l'ethnologue n'est visible que depuis l'histoire, que ces sociétés refusent. La thèse prolonge la 126 sur le temps immobile.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 131 date la sortie de cet équilibre : pouvoir politique, métallurgie, fin des liens du sang. Plus loin, la critique du structuralisme comme pensée du système sans histoire sera l'objet de la thèse 202, au chapitre VIII.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.

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