Thèse 132 · chapitre V, Temps et histoire
Thèse 132 de La Société du spectacle
La chronique des empires et l'illusion qui lui survit
Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 132.
I Ce qu'elle pose
La chronique enregistre le temps des rois et prolonge leur trajectoire, mais elle tombe avec eux : chaque empire qui s'effondre emporte sa chronologie, et les paysans retournent au seul cycle qu'ils aient connu. Les maîtres ont donné au temps une direction et un sens, mais à l'écart de la vie commune, qu'ils laissent intacte. De leur histoire il ne reste souvent que les religions qui l'habillaient. Leur possession est d'abord imaginaire : immortalité réservée, lignées inventées. Et s'ils s'affranchissent du cycle, c'est justement parce qu'ils ont pris en charge d'en garantir le retour par les rites.
II D'où elle vient
La thèse développe la 129 : l'histoire des puissants s'use en surface. Les exemples de la Chine et de l'Égypte sont dans le texte. Le mouvement dialectique final, où la fonction de gardien du cycle libère celui qui l'exerce, reprend la logique de la thèse 128 sur la classe qui organise le travail et s'en exempte.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 133 montre comment ce temps réservé devient histoire consciente dès que des groupes plus larges y participent. La vulgarisation de la possession mythique, évoquée ici en passant, deviendra aux thèses 136 et 137 l'irréversible accordé à tous, mais dans l'au-delà.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.
Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte