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Thèse 126 · chapitre V, Temps et histoire

Thèse 126 de La Société du spectacle

« Le temps reste immobile, comme un espace clos. Quand une société plus complexe en vient à prendre conscience du temps, son travail est bien plutôt de le nier, car elle voit dans le temps non ce qui passe, mais ce qui revient. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 126. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

Dans les sociétés primitives, le temps est cyclique : celui des saisons, du retour du même, et le mouvement inconscient du temps se manifeste et se consomme dans la société sans qu'elle le sache. Le temps reste immobile, comme un espace clos. Quand une société plus complexe en vient à prendre conscience du temps, son travail est bien plutôt de le nier : elle voit dans le temps non ce qui passe, mais ce qui revient. Le mythe est la forme de cette négation — une pensée qui garantit l'ordre par la répétition, et qui tient l'histoire pour un accident.

II D'où elle vient

L'anthropologie du temps cyclique vient des lectures de Debord dans les années cinquante — Mircea Eliade sur le mythe de l'éternel retour, Bataille sur la fête et la dépense — croisées avec la thèse de Marx sur les sociétés agraires immobiles. L'image du temps « comme un espace clos » prépare le chapitre VII : le spectacle réunira le temps arrêté et l'espace aménagé.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 127 poursuit sur le nomadisme et l'agriculture, et sur le temps cyclique pleinement constitué ; le chapitre VI, à la thèse 153, montrera que le spectacle a reconstitué un temps pseudo-cyclique, contrefaçon marchande de celui-ci.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier langage, avec 34 autres.

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