Thèse 142 · chapitre V, Temps et histoire
Thèse 142 de La Société du spectacle
L'histoire faite par les choses, perdue pour les vies
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I Ce qu'elle pose
Présente jusque dans les couches profondes de la société, l'histoire tend à disparaître de ce qu'on vit. Le temps irréversible a vaincu grâce à la production en série, et il devient en retour le temps des objets. L'économie a mis l'histoire à la portée de tous, comme un luxe devenu courant, mais sous une forme précise : le mouvement abstrait des marchandises, qui prime sur tout emploi qualitatif de l'existence. Le cycle ancien laissait une place grandissante à un temps vécu par des personnes et des groupes ; le temps de la production va chercher à supprimer ce temps vécu.
II D'où elle vient
La thèse retourne le couple de la surface et du fond posé aux thèses 128 et 129 : autrefois l'histoire flottait au-dessus d'un fond immobile, maintenant elle travaille le fond et déserte la surface. Le devenir-chose du temps applique au temps l'analyse du fétichisme de la marchandise du chapitre II, et rappelle la réification décrite par Lukács, que le texte ne nomme pas.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 143 en tire le bilan politique : la bourgeoisie impose le temps historique et en refuse l'usage. Au chapitre VI, la thèse 147 définira le temps-marchandise, et la 157 la perte du temps vécu.
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