Thèse 131 · chapitre V, Temps et histoire
Thèse 131 de La Société du spectacle
Le pouvoir séparé invente la dynastie et l'archive
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I Ce qu'elle pose
Le pouvoir politique naît, semble-t-il, avec les dernières grandes inventions techniques d'avant l'industrie, et il défait la parenté comme principe d'organisation. Dès lors les générations ne se suivent plus comme les saisons : elles se succèdent comme des règnes, et la lignée des rois devient la première unité de mesure d'un temps orienté. L'écriture sert ce pouvoir. En elle le langage s'affranchit des personnes qui parlent, et cette autonomie est celle même de l'autorité qui se tient au-dessus de la société pour la relier. La mémoire cesse d'être portée par des vivants : elle devient celle de l'administration.
II D'où elle vient
La thèse reprend la 126, où tout savoir tenait dans la mémoire des anciens, et en montre la fin. La phrase de Novalis qui la clôt, sur l'État et ses archives, est citée sous son nom. L'idée que l'écriture est d'abord un instrument de domination avait été soutenue par Lévi-Strauss dans Tristes Tropiques ; on peut l'y reconnaître, le texte ne le dit pas.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 132 fera de la chronique l'expression de ce temps royal, fragile comme chaque pouvoir. Le couple de la médiation et du pouvoir séparé rappelle le chapitre I : le spectacle sera, à la thèse 4, un rapport social médiatisé, et l'écriture en est ici une forme ancienne.
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