Thèse 149 · chapitre VI, Le temps spectaculaire
Thèse 149 de La Société du spectacle
Un temps homogène qu'on doit maquiller en fête
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I Ce qu'elle pose
La thèse dit d'abord ce que le temps pseudo-cyclique partage avec celui de l'usine : des unités égales, échangeables, dont on a retiré toute qualité. Une heure de loisir vaut une autre heure de loisir, comme une heure de travail en vaut une autre. Mais il y a une différence de fonction. Ce temps-là sert à maintenir la vie quotidienne dans son retard, et il ne peut remplir ce rôle qu'à condition de ne pas paraître ce qu'il est. Il faut donc le charger de fausses valeurs, le découper en moments qui ont l'air singuliers, uniques, personnels, alors qu'ils sont fabriqués en série.
II D'où elle vient
Le noyau vient de la thèse 147 : le temps-marchandise est une somme d'intervalles équivalents. L'idée d'une vie quotidienne arriérée par rapport aux moyens techniques de l'époque est une constante des textes situationnistes, et Debord l'avait exposée dans les années qui précèdent le livre ; ici elle devient le motif même du déguisement. Le schéma est celui du chapitre II : la marchandise doit se présenter sous un jour qui masque son équivalence.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 150 montrera sur quoi s'appuient ces moments faussement individualisés, le jour et la nuit, la semaine, les vacances ; la 154 dira ce que devient la fête quand elle n'est plus qu'un de ces moments. La 157 reviendra sur le vécu individuel qui, derrière ce décor, reste sans langage.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.
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