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Thèse 159 · chapitre VI, Le temps spectaculaire

Thèse 159 de La Société du spectacle

Une dépossession qui précède le loisir

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I Ce qu'elle pose

Après la fausse conscience du temps, la thèse remonte à l'origine. Le travailleur qui achète aujourd'hui son temps libre comme une marchandise a d'abord été dépouillé de son propre temps, et cette dépossession fut violente. C'est elle qui a fait de lui, en apparence, un producteur et un consommateur libre. La liberté est mise entre guillemets : on ne rend au travailleur, sous forme de spectacle, que ce qu'on lui a d'abord pris. Le retour pseudo-cyclique des loisirs n'est pas une conquête, c'est la restitution partielle, et revendue, d'un bien confisqué.

II D'où elle vient

On reconnaît l'analyse que Marx consacre, à la fin du premier livre du Capital, à la formation violente du salariat : le producteur séparé de ses moyens d'existence et livré au marché du travail. Debord la déplace du sol et des outils vers le temps. Dans le livre, la thèse reprend la thèse 128, où une classe s'appropriait déjà la plus-value temporelle de l'organisation sociale.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 160 dira ce que la production néglige dans ce temps confisqué, la fatigue, le sommeil, la mort ; la 161 donnera le nom philosophique de cette dépossession, l'aliénation du producteur à un présent étranger.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier religion, avec 25 autres.

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