Thèse 160 · chapitre VI, Le temps spectaculaire
Thèse 160 de La Société du spectacle
Une société qui ne veut plus vieillir ni mourir
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I Ce qu'elle pose
La thèse la plus concrète du chapitre. Le travail garde une part biologique : il faut dormir, et une vie s'use. La production moderne tient ces faits pour secondaires et les efface de ce qu'elle dit d'elle-même. Le spectateur, fixé au centre truqué d'un monde qui bouge sans lui, ne voit plus sa vie comme un chemin qui mène à quelque chose, ni à sa propre fin. La publicité le confirme : l'assurance-vie fait de la mort une faute de gestion, les pompes funèbres promettent de garder l'apparence du vivant, et partout ailleurs vieillir est interdit. L'absence sociale de la mort révèle l'absence sociale de la vie.
II D'où elle vient
La formule anglaise que cite la thèse vise l'industrie funéraire américaine et sa manière de maquiller les morts. Le capital-jeunesse est un détournement du langage financier : Debord montre qu'il n'a pas la propriété cumulative du capital véritable. Dans le livre, la thèse reprend la survie de la thèse 44 et la vie séparée de la thèse 2, ici saisies au bord de la mort.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 161 donne à cette absence un fondement philosophique : le temps comme aliénation nécessaire, que le spectacle interdit. La 163 opposera un temps irréversible vécu par les individus, où l'usure d'une vie aurait de nouveau un sens.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier capital, avec 52 autres.
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