Thèse 151 · chapitre VI, Le temps spectaculaire
Thèse 151 de La Société du spectacle
Le temps libre devenu matière première
Pas de citation sur cette page : ouvrez votre livre à la thèse 151.
I Ce qu'elle pose
Ce temps pseudo-cyclique ne se contente pas de copier la production, il en sort : c'est un temps travaillé par l'industrie, et donc lui-même une marchandise. La thèse ajoute un point décisif. La société moderne avait séparé la vie en domaines distincts, le privé, l'économique, le politique. Le temps consommable les réunit à nouveau, mais sous la loi du marché : toutes les heures disponibles deviennent de la matière brute, que l'on transforme en produits variés et que l'on revend sous forme d'emplois du temps organisés d'avance. La réunification que la vie n'obtient pas, la marchandise l'opère à sa place.
II D'où elle vient
La phrase placée en fin de thèse est tirée du Capital, et Debord l'indique : Marx y explique qu'un produit déjà consommable peut redevenir matière d'une nouvelle fabrication. Debord applique ce principe au temps lui-même. L'éclatement de l'ancienne société en sphères séparées renvoie au chapitre V, où la bourgeoisie défait l'ordre ancien.
III Ce qu'elle ouvre
La thèse 152 en donne la forme la plus avancée, le temps vendu par blocs, avec tout son équipement ; la 153 dira que ce temps vendu est le temps spectaculaire. La thèse 172 retrouvera au chapitre VII la même réunion sous contrôle, appliquée à l'espace.
Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.
Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte