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Thèse 155 · chapitre VI, Le temps spectaculaire

Thèse 155 de La Société du spectacle

Deux temps cycliques, et leur rapport inversé

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I Ce qu'elle pose

La thèse compare l'ancien cycle et le nouveau, et la comparaison tourne à l'avantage de l'ancien. Dans les sociétés agraires, la manière de consommer le temps correspondait à la manière de le travailler : les deux suivaient le même rythme. Dans l'économie développée, les deux divergent. On produit dans un temps qui avance sans retour, on consomme dans un temps qui fait semblant de revenir. D'où un renversement en chiasme : le cycle ancien était une illusion d'immobilité, mais on la vivait vraiment ; le temps spectaculaire vit dans un monde qui change réellement, mais ce changement n'est éprouvé que sur le mode de l'illusion.

II D'où elle vient

La thèse ferme la comparaison ouverte à la thèse 150 et renvoie au chapitre V, où le temps cyclique des premières sociétés était décrit comme un présent perpétuel (thèses 126 et 127). Le chiasme final, illusion vécue contre réalité vécue illusoirement, est la figure dont le livre se sert depuis la thèse 4 pour dire l'inversion propre au spectacle.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 156 précise ce qui, dans cette contradiction, domine l'autre : le passé l'emporte sur le présent. La 158 conclura que le spectacle fausse la conscience que l'on a du temps, et la 163 dira quel temps irréversible pourrait être vécu autrement.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier cyclique, avec 30 autres.

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