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Thèse 161 · chapitre VI, Le temps spectaculaire

Thèse 161 de La Société du spectacle

La bonne et la mauvaise aliénation

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I Ce qu'elle pose

La thèse distingue deux aliénations, et c'est l'une des plus denses du livre. La première est nécessaire : exister dans le temps, c'est sortir de soi, devenir autre, et c'est par cette perte que l'on devient vraiment soi. La seconde est son contraire : celle du producteur qui vit un présent qui ne lui appartient pas. La société qui arrache au sujet son activité lui arrache d'abord son temps. D'où le renversement final : l'aliénation sociale, celle qu'on pourrait abolir, est précisément ce qui empêche l'autre, la vivante, d'avoir lieu, avec ses risques et ses possibles.

II D'où elle vient

Hegel est nommé : c'est chez lui que l'esprit ne se trouve qu'en se perdant dans le temps, et que l'aliénation est le moment nécessaire du devenir. Debord garde ce sens positif et le retourne contre une dépossession qui rappelle celle que décrivait le jeune Marx, que le texte ne nomme pas. La thèse reprend aussi la séparation du chapitre I (thèses 25 et 26) : ce qui est retiré au travailleur, c'est d'abord la maîtrise de sa durée.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 163 dira ce que serait une société où le temps redeviendrait le milieu d'une aliénation vivante : un temps ludique, des temps indépendants fédérés. La 164 résumera le chapitre en une phrase sur le rêve et la conscience.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier religion, avec 25 autres.

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