Lire·Debord
  1. Lire Debord
  2. Le Spectacle
  3. Chapitre I
  4. Thèse 34

Thèse 34 · chapitre I, La séparation achevée

Thèse 34 de La Société du spectacle

« Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 34. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La dernière thèse du premier chapitre, et la plus courte définition du livre après la thèse 4. Elle dit ce que le spectacle est du point de vue de l'économie : non pas un secteur nouveau, non pas la culture ou les médias, mais le capital lui-même, parvenu à un tel degré d'accumulation qu'il n'a plus à se montrer comme chose — usine, machine, marchandise — mais comme image. L'image n'est pas un reflet du capital ; elle est sa forme la plus accumulée.

II D'où elle vient

C'est le point d'arrivée du détournement commencé à la thèse 1 : la première phrase du Capital parlait d'une immense accumulation de marchandises, la thèse 4 avait pris à Marx la définition du capital comme rapport social. Ici, l'accumulation est menée à son terme : quand le capital a tout accumulé, il ne lui reste plus qu'à se contempler. Lukács avait parlé de réification ; Debord dit image, parce que c'est la forme que prend la chose qui n'a plus rien à produire que sa propre vue.

III Ce qu'elle ouvre

Le chapitre II commence aussitôt : la marchandise comme spectacle, thèse 35, avec la phrase de Marx sur la marchandise « si pleine de subtilités métaphysiques ». Toute la suite du livre déplie ce que cette thèse condense.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier marchandise, avec 37 autres.

Sur la Place publique les fils des lecteurs sur ce texte