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Thèse 67 · chapitre III, Unité et division dans l'apparence

Thèse 67 de La Société du spectacle

La dévotion au gadget et au porte-clés

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I Ce qu'elle pose

Quand la marchandise abondante ne satisfait plus par son usage, c'est sa qualité de marchandise elle-même qu'on se met à célébrer : l'usage tourne sur lui-même et le consommateur éprouve envers elle une ferveur religieuse. D'où les engouements qui se propagent à toute vitesse, relayés par l'information, un vêtement né d'un film, une revue qui fonde des clubs. Le gadget montre que l'absurde est devenu une catégorie de produits. Le porte-clés publicitaire, donné en prime et collectionné pour lui-même, est traité comme une relique, et son collectionneur comme un dévot qui amasse des indulgences. Au terme de l'exaltation, il ne reste qu'un usage : se soumettre.

II D'où elle vient

C'est la pointe extrême du fétichisme que Marx décrivait au premier chapitre du Capital, où la marchandise est déjà présentée comme une chose pleine de subtilités théologiques. Debord prend l'analogie religieuse à la lettre, avec tout son vocabulaire catholique : effusion, indulgences, présence réelle, fidèles. Elle prolonge la thèse 47 sur la valeur d'usage qui décline, et la thèse 66 sur l'épopée des produits.

III Ce qu'elle ouvre

La thèse 68 cherchera s'il existe un vrai besoin à opposer à ce pseudo-besoin, et répondra non. La thèse 69 suivra un objet prestigieux jusqu'à la maison de son acheteur, où il devient vulgaire. Le chapitre VIII retrouvera la culture traitée comme une marchandise vedette.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier capital, avec 52 autres.

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