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Thèse 114 · chapitre IV, Le prolétariat comme sujet et comme représentation

Thèse 114 de La Société du spectacle

Contre la thèse de l'embourgeoisement de la classe ouvrière, Debord redéfinit le prolétariat :

« … il est l’immense majorité des travailleurs qui ont perdu tout pouvoir sur l’emploi de leur vie, et qui, dès qu’ils le savent, se redéfinissent comme le prolétariat, le négatif à l’œuvre dans cette société. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967), thèse 114. Texte de l'édition Gallimard, 1992, repris en Folio.

I Ce qu'elle pose

La thèse la plus souvent invoquée du chapitre. Le prolétariat, dit Debord, n'a pas été supprimé, et il n'est pas seulement l'ouvrier d'usine : il est l'immense majorité des travailleurs qui ont perdu tout pouvoir sur l'emploi de leur vie, et qui, dès qu'ils le savent, se redéfinissent comme le prolétariat, le négatif à l'œuvre dans cette société. Deux conditions, donc : la dépossession, qui est objective et presque universelle ; et la conscience de cette dépossession, qui seule fait d'une population une classe. Sans la seconde, la première ne produit que des consommateurs.

II D'où elle vient

La définition répond aux sociologues des années soixante qui annonçaient la fin de la classe ouvrière par l'élévation du niveau de vie ; elle prolonge la thèse 26, où la réussite de la séparation était la prolétarisation du monde. « Le négatif à l'œuvre » est une expression hégélienne : la négativité est ce qui, dans une société, travaille à sa transformation. Debord la réserve à ceux qui savent.

III Ce qu'elle ouvre

Les thèses 115 et 116 décriront les nouvelles formes de cette lutte, hors des organisations traditionnelles ; la thèse 117 nommera la forme qui lui convient, le pouvoir des conseils. Mai 68 semblera, un an après le livre, lui donner raison.

Sur le plan du corpus, ce texte est au quartier conseils, avec 24 autres.

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